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Colloque international
22 et 23 février 2018

« Le corps sensoriel au sein des loisirs et divertissements »

 

Perpétuellement sollicités par l’environnement avec lequel ils entrent en relation, les sens réagissent aux stimuli et provoquent des sensations, des émotions, des sentiments de plaisirs ou de déplaisirs chez tout un chacun (Vigarello 2014; RMN 2002; Bernet 2001; Kant 2000; Freud 2010 [1920]). Ainsi, l’histoire des sens qui s’inscrit au sein de celle des sensibilités permet de définir ces nouvelles perceptions qui s’épanouissent au Siècle des Lumières (Corbin 1990, 1982). L’histoire du goût, de l’odorat, du toucher, de l’ouïe et de la vue peut sembler difficile à saisir et à cerner (Beck 2013; Roubin 1989; Serres 1985), toutefois il demeure possible de brosser un portrait du corps sensoriel au 18e siècle par l’entremise des témoignages dont les archives regorgent (Bouffard 2013; Vigarello 2014; Corbin 2005).

La première modernité catalyse la genèse des pratiques culturelles liées aux loisirs et aux divertissements: théâtres, musées, expositions temporaires, promenades, cafés, foires, danses, jardins (Turcot 2016). Ces activités placent l’individu dans un cadre spécifique, au cœur d’une action qui excite chacun des sens, et ce, à divers degrés. On ne saurait appréhender le corps sensoriel de manière unidirectionnelle, ainsi plusieurs éléments jouent un rôle essentiel dans l’appréhension de ce dernier: pensons au promoteur, au participant ou au public, à l’activité elle-même, à l’espace où se déroule cette activité et, bien entendu, aux cinq sens, chacun étant à mettre en relation avec les autres. Le promoteur, celui qui organise l’activité, semble chercher à repousser le participant ou le spectateur dans ses retranchements les plus singuliers et intimes pour provoquer un ensemble de sensations, de sentiments. Le fait-il consciemment? Quelles sont ses intentions? De quelle manière s’y prend-il? Le participant ou le public, quant à lui, appréhende-t-il les effets, les émotions qui germeront tout au long de l’activité? De quelle manière négocie-t-il avec eux? Quelles sont ses réactions? À quel degré l’activité ou l’espace interviennent-ils dans l’expérience sensorielle? Quelles sont les règles du jeu? Sont-elles prédéterminées? Les sens, (re)liés aux organes de la perception, se définissent et réagissent au contact du lieu ou des autres individus. Lesquels sont les plus sollicités, et pourquoi? L’allocution de la plénière qui sera prononcée par David Howes (Concordia) posera les jalons d’une histoire des sensibilités et cernera la question de la vie des sens dans la société de cette période (Howes 2006, 1991, 1990; Classen 1994; Corbin 1990; Mandrou 1959).

Pluridisciplinaire et internationale, cette rencontre, qui aura lieu les 22 et 23 février 2018, se veut l’occasion de porter une réflexion sur l’histoire des sensibilités comme axe de recherche au sein de l’histoire culturelle des loisirs et des divertissements au 18e siècle, amenant ainsi diverses disciplines des sciences humaines à se croiser et à s’imbriquer: histoire de l’art, littérature, philosophie, anthropologie, histoire, architecture, danse, théâtre.

 

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